2019 © violaine-laveaux  //////  mise à jour ////// 27/10/2019 jean-françois prigent

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BRÊME / ALLEMAGNE

Institut Culturel Français / Galerie Kaltenturm / août / septembre 2007

COOKSONIA n°2

 

branches de noisetier, tiges de lys safranées, cordes à piano, tiges métalliques, couleur, cire, chaises

 

Un geste suffit -ramasser une fourche de bois en forêt- pour commencer un glossaire: fourche, fronde, chromosome, voyelle et remonter le temps, jusqu'à 410 millions d'années. Jusqu'au Cooksonia Caledonica, cette petite fourche de 6cm de haut, dépourvue de feuilles, de fleurs et de racines, une de nos premières plantes issues de la mer dont on ne connaît que la trace fossile.

Je me plais à y voir là, le premier signe d'écriture végétale inné, première esquisse de la 25ième lettre et 6ième voyelle: Y.

Et je souris à l'entêtement du vent à déposer à nos pieds, jusque sur le trottoir des villes, ce signe-mémoire d'une plante fourche-voyelle.

La seule lettre à nous être offerte, portée, modelée par le souffle du vent.

Une installation qui joue sur le cercle, le signe, et la mémoire: en temps suspendu (feuilles), immobile (fourches) et mouvant (tiges).

Entre dessin et écriture, à l'échelle du temps et au gré du vent, entre vertige et vestige; J'aime l'idée que le vestige ( du latin vestigium:empreinte de pied) nous fasse reprendre pied là où le vertige nous le fait perdre.

La chaise est un motif récurrent dans mon travail. Signe d'une présence, d'un passage, elle est aussi celui de l'absence et de l'attente.

 

Le signe du temps.